Posted by: Fab in Lecture
Un petit bijou que je recommande chaudement. Drôle, émouvant et agréable à lire. Il me tard d’avoir le temps de lire “Ensemble c’est tout” du même auteur.
Trois frères et sœurs d’âge mûr s’enfuient d’un mariage de famille qui s’annonce particulièrement pénible pour aller rejoindre le petit dernier de la fratrie. Délaissant ainsi enfants, conjoints, chapeaux, riz, mondanités et soucis, ils vont s’offrir une dernière belle journée d’enfance volée à leurs vies d’adultes.
Ma citation préférée du livre, qui donne aussi une bonne idée du ton :
Ensuite, on s’est raconté des trucs de sœurs. Je passe cette scène-là. Il y a trop de codes, de raccourcis et de hennissements. Et puis sans le son ça ne rend rien. Les sœurs comprendront.
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Posted by: Fab in Lecture
Voici une petite liste de quelques lectures que j’ai effectué pour mes cours… obligatoires ou non !
L’attentat (Yasmina Khadra), même si le livre est bourré de fautes et de petites choses énervantes dont le personnage principal, je l’ai aimé ! L’avant-fin est pfiouu, il aurait d’ailleurs du s’arrêter avant le dernier chapitre et tout le cadre de référence autour de l’histoire est vraiment bien présenté. Il n’y a pas de bons ou de mauvais, l’auteur ne prend pas partie vraiment, il montre et il explique. A nous de nous faire notre opinion, même si ce n’est pas évident…
Dans un restaurant bondé de Tel-Aviv, une femme fait exploser la bombe qu’elle dissimulait sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, Israélien d’origine arabe, opère à la chaîne les innombrables victimes de cet attentat atroce. Au milieu de la nuit, on le rappelle d’urgence à l’hôpital pour lui apprendre sans ménagement que la kamikaze est sa propre femme.
Millénium T1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Stieg Larsson)
Vous connaissez peut-être le film, mais avez-vous lu le livre ? J’avais vu le film avant la rentrée, sans savoir que je devrais le lire… Du coup, au départ j’avais vraiment du mal à commencer ma lecture vu que je savais comment l’énigme allait se dénouer. Puis les livres claffis d’explication économiques et politique c’est pas vraiment mon fort, en gros je n’aime pas spécialement les polars-roman policier. Mais au bout du quart du roman je me suis aperçue que l’adaptation cinématographique, même si elle respecte la trame principale prend beaucoup de liberté par rapport au livre, et j’ai donc embarqué pas mal dans l’histoire et les détails que j’ignorais.
Ce qui est impressionnant dans ce livre, c’est les détails des lieux, les biographies de chaque personnages, les historiques des entreprises dont il est question jusqu’à l’équipement informatique et les détails logiciels… tout est expliqué et bien expliqué. Tout se tient et est bien ficelé, on croirait presque a une histoire vraie. Je ne sais pas si je vais lire la suite, mais en tous les cas, ce livre reste une bonne surprise pour moi.
Son auteur était parti pour écrire un best-seller et être à l’abri du besoin pour la retraite, il a eu raison, sauf que, décédé avant la publication, c’est maintenant sa veuve qui en profite…
Ancien rédacteur de Millénium, revue d’investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l’écorchée vive vont résoudre l’affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu’il faudrait peut-être taire.
Le tour d’écrou (Henry James)
Cette œuvre courte est considérée comme un patron particulièrement réussi de la littérature fantastique en instaurant une tension “du réel”, où le lecteur ne cesse d’osciller entre une interprétation rationnelle ou une interprétation surnaturelle des faits.
J’ai, au départ, eu du mal à lire cette nouvelle, puis finalement je me suis laissée prendre et n’ai pas pu lâcher le livre jusqu’à l’avoir terminé. J’ai aussi vu le téléfilm de la BBC qui a été fait fin 2009, celle-ci permet une interprétation du livre tout en laissant planer le doute et beaucoup de questions !
Le narrateur assiste à la lecture du journal d’une gouvernante. La jeune femme a été engagée pour veiller sur deux orphelins, Flora et Miles, dans une vaste propriété isolée. Mais le comportement des enfants est de plus en plus étrange. La gouvernante assiste elle-même peu à peu à d’effrayantes apparitions, dont celle d’un homme, un ancien serviteur nommé Peter Quint, qui entretenait une liaison avec la précédente gouvernante, Miss Jessel. Or tous deux sont morts peu avant l’arrivée de la nouvelle gouvernante et ils semblent toujours exercer sur les enfants une attirance maléfique.
Libre à chacun de donner son explication aux faits relatés, la folie de la gouvernant, l’influence des fantômes, la possession des enfants et j’en passe …
Héloïse (Anne Hébert)
Je suis restée scotchée à ce livre et n’ai pas pu m’en dépêtrer non plus avant d’avoir lu la dernière ligne. Un jeune garçon, en couple, se retrouve comme “envouté” par une demoiselle, Héloïse, qu’il rencontre dans le métro… On finira bien vite par comprendre qu’Héloïse n’a rien d’humain, comme l’homme qui l’accompagne, et que l’attirance que le garçon ressent n’a rien de bénéfique pour lui et sa petite amie. Il y a beaucoup de détails qui font sourire dans ce livre, des expressions utilisées par les personnages, des non-dits très explicites qui permettent de comprendre la nature d’Héloïse et tout son univers. Je le recommande en tous les cas. Il se lit bien et doit se relire encore mieux !
Un tour sur le bolid’ (Stephen King)
Petite nouvelle que j’ai eu grand plaisir à relire, notamment parce que je l’ai mieux compris qu’à l’époque de ma première lecture !
C’est l’histoire d’un jeune garçon qui, pour se rendre au chevet de sa mère malade, fait du stop. Il finit par se retrouver dans la voiture d’un mort-vivant, qui va lui demander de choisir entre sa vie et celle de sa mère.
Évidemment on ne sait jamais vraiment si le jeune garçon a halluciné ou si les choses se sont vraiment produites, surtout avec la fin de l’histoire. Finalement c’est peut-être plus une histoire de nature humaine que de fantômes
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Posted by: Fab in Lecture
Merci à Catherine de m’avoir fait découvrir ce petit livre…
En 1944, alfred schütz, intellectuel viennois exilé aux États-Unis du fait de la Seconde Guerre Mondiale, écrit deux articles qu’il qualifie lui-même d’ « essais de psychologie sociale » : L’ étranger et L’ homme qui rentre au pays. D’après ces textes, on comprend que schütz, par psychologie sociale, désigne l’ analyse psychologique des rapports sociaux : il essaie d’analyser les rapports des hommes entre eux en se basant sur leur psychologie individuelle, de façon à dégager une psychologie collective, qui expliquerait certains phénomènes.
Ces deux textes sont très complémentaires, et le fait de les lire à la suite renforce les thèses de l’auteur. Les titres eux-mêmes sont très explicites à cet égard : il est évident que l’étranger appartient à un pays dans lequel il sera généralement appelé à rentrer, ne serait-ce que ponctuellement. L’étranger et l’homme qui rentre au pays sont en fait une seule et même personne, mais appréhendés de façon différente : l’étranger est l’homme qui doit s’adapter à une société qui lui est inconnue tandis que l’homme qui rentre au pays est celui qui doit se réadapter à une société qui lui est familière.
Partie 1 l’étranger.
L’étranger, lui, de par sa situation de crise personnelle, (…) devient essentiellement l’homme qui doit remettre en question à peu près tout ce qui semble aller de soi aux membres du groupe qu’il aborde.
L’étranger commence par interpréter son nouvel environnement social selon les termes de sa “manière de penser habituelle”. Au sein du schéma de référence qu’il a importé de son groupe natal, il trouve ainsi une idée toute faite du modèle supposé être valide pour le nouveau groupe – une idée qui, nécessairement, va très vite s’avérer inadéquate.
Le plan de ses convictions simples concernant les objets étrangers ne coïncide plus avec son plan d’expérience de ces mêmes objets sociaux dans leur environnement. En passant de l’un à l’autre, tout concept de départ devient nécessairement inadéquat, si on l’applique à la nouvelle situation sans l’avoir reformulé.
Le premier ébranlement de cete confiance que l’étranger place dans la validité de sa “manière de penser habituelle” apparaît lorsqu’il découvre que les éléments de son nouvel environnement s’avèrent très différents de ce à quoi il s’attendait lorsqu’il était encore chez lui. Ce qui perd ici toute validité, ce n’est pas seulement l’image du modèle culturel du nouveau groupe que l’étranger a transportée avec lui, mais aussi l’ensemble du schéma d’interprétation de son groupe natal qui était tenu jusque-là comme allant de soi. Or ce dernier ne peut plus être employé comme schéma d’orientation dans le nouvel environnement social.
Si, dans notre vie, nous rencontrons quelque chose d’inconnu, quelque chose qui sort donc du cours ordinaire de notre savoir, nous entamons alors un processus d’enquête. Nous cherchons tout d’abord à définir le fait nouveau ; nous nous efforçons d’en saisir le sens ; nous transformons ensuite pas à pas notre schéma général d’interprétation du monde de telle sorte que ce fait étrange et sa signification deviennent compatibles avec tous les autres faits et significations de notre propre expérience et constituent avec eux un système cohérent. Si nous réussissons dans cette entreprise, alors ce qui était auparavant dans notre esprit un fait étrange et un problème troublant se métamorphose en un simple élément que nous ajoutons à notre connaissance garantie. Nous avons ainsi élargi et ajusté notre réservoir d’expériences.
Ce que l’on nomme communément le processus d’ajustement social que doit subir le nouveau venu n’est rien d’autre qu’un cas spécial de ce principe général. L’adaptation du nouveau venu à ce groupe qui pouvait lui sembler à première vue étrange et inhabituel est un continuel processus d’en quête au sein du modèle culturel du nouveau groupe. Si ce processus d’enquête réussit, alors ce modèle et ses éléments principaux deviendront pour le nouveau venu un simple état de fait, une manière de vivre allant de soi, un asile et une protection. Mais alors l’étranger ne sera plus vraiment un étranger et ses problèmes spécifiques auront été résolus.
Partie 2 : L’homme qui rentre au pays
Pour celui qui retourne chez lui, le pays natal apparaît – du moins au début – sous un aspect inaccoutumé. Il se croît tombé dans une étrange contrée, étranger parmi les étrangers (…) Celui qui revient au pays s’attend, à retrouver un environnement dont il a toujours eu, et a encore – du moins le croit-il – une connaissance intime et qu’il lui suffit de tenir pour sûr afin d’y trouver ses repères.
“Le pays natal, c’est le lieu vers lequel l’homme veut revenir lorsqu’il est éloigné” dit le juriste. En fait, le pays natal constitue aussi bien un point de départ que d’arrivée. C’est le point zéro d’un système de coordonnées que nous attribuons au monde afin d’y trouver nos repères. (…) Le pays natal n’équivaut pas seulement au foyer – ma maison, ma chambre, mon jardin, ma ville – mais à tout ce qu’il représente. Le caractère symbolique de la notion de “pays natal” éveille des émotions qu’il est difficile de décrire. Le pays natal signifie des choses différentes selon les personnes.
Il indique (…) une manière particulière de vivre qui se compose d’éléments importants et insignifiants, mais tous chéris de la même manière.
Ainsi le pays natal signifie une chose pour l’homme qui ne l’a jamais quitté, une autre pour celui qui vit loin de lui, et encore une autre pour celui qui y retourne.
“Se sentir chez soi” exprime le plus haut degré de familiarité et d’intimité.
Le mode de vie natal régit non seulement mes propres actes mais aussi ceux des autres membres de mon groupe social. Grâce à ce schéma, je suis intimement convaincu que je comprendra ce que l’Autre veut me dire et que je me ferai moi-même aisément comprendre de lui. (…) Je possède toujours une bonne chance de prédire aussi bien l’action d’autrui envers moi-même que sa réaction à mes propres actes.
Les groupes primaires forment en fait des situations institutionnalisées qui permettent de rétablir la relation interrompue avec le nous et de la reprendre là où elle a été brisée la dernière fois. Bien sûr, il n’est pas tout à fait certain qu’un tel rétablissement réussira à long terme ; mais cette chance existe.
La vie au pays (…) signifie que nous avons en commun avec les autres une portion d’espace et de temps, environnement, des objets comme moyens et fins possibles et que nous partageons des intérêts qui se fondent sur un système de pertinence plus ou moins homogène.
Pour lui (l’homme qui a quitté sa maison), la vie au pays n’est plus immédiatement accessible. Il a mis le pied, pour ainsi dire, dans une tout autre dimension sociale, qui n’est pas couverte par le système de coordonnées qu’il avait l’habitude d’employer chez lui comme schéma de référence. Il ne peut plus faire l’expérience, en tant que participant à un même présent vivant, des nombreuses relations avec le nous qui forment le tissu social du groupe natal. Son départ a remplacé ces expériences vivantes par des souvenirs, et ces souvenirs ne conservent que l’image du pays natal tel qu’il le voyait lorsqu’il l’a abandonné derrière lui. Le déploiement continu s’est arrêté. Les personnes, les relations et les groupes qui avaient auparavant formé de manière si profonde une série de constellations uniques reçoivent à présent le caractères de simple types ; et cette typification implique nécessairement une déformation des structures de pertinences sous-jacentes.
La personnalité d’autrui n’est plus accessible en tant qu’unité ; elle s’est brisée en morceaux. (…)
La situation de la personne séparée s’apparente en quelque sorte, à un deuil ; “partir c’est mourir un peu”.
Par le simple changement d’environnement, de nouvelles choses sont devenues importantes pour tous les deux. Les vieilles expériences ont été réévaluées. De nouvelles expériences, inaccessible à l’Autre, se sont produites dans la vie de chacun. (…) Ce changement du système de pertinences a son corollaire dans le changement du degré d’intimité (…) degré de connaissance fiable que nous possédons d’une autre personne, d’une relation sociale, d’un groupe, d’un modèle culturel ou d’une chose. La connaissance intime nous permet d’interpréter ce qu’elle veut dire et de prévoir ses actions et réactions. (…) Mais toute séparation dissimule autrui sous un étrange déguisement difficile à ôter.
Le changement qui s’opère (…) n’est pas vécu de la même manière par celui qui est absent et par ceux qui sont restés au pays. Ces derniers continuent à vivre quotidiennement au sein du modèle culturel habituel. Certainement ce modèle aura lui aussi changé (…) mais ceux qui vivent au pays, (…) vivent ensemble au sein de ce monde changeant, ils l’éprouvent immédiatement dans ses changements et s’y adaptent. Le groupe possède à présent de nouveaux buts et d’autres moyens d’actions pour les réaliser, mais il reste un groupe.
L’absent a l’avantage de bien connaître le style général du modèle culturel. (…) En revanche, ceux qui sont restés au pas n’ont aucune expérience immédiate de ce que vit l’absent.
Le divorce entre l’importance unique et décisive que la personne accorde à ses expériences et leur pseudo-typification par les gens restés au pays, à laquelle ils attribuent une pseudo-pertinence, constitue l’un des obstacles majeurs au rétablissement mutuel des de relations avec le nous.
Le simple fait que nous vieillissons, que de nouvelles expériences surgissent continuellement à l’intérieur de notre courant de conscience, qu’à la lumière de ce surgissement continuel qui modifie plus ou moins notre esprit, les expériences passées reçoivent en permanence de nouvelles interprétations, tous ces éléments fondamentaux de notre vie mentale empêchent la répétition du même. En se répétant, ce qui se répète n’est plus le même.
(…)
Rien de ce qui appartient au passé ne peut jamais être reproduit dans le présent exactement tel qu’il a été.
(…)
L’expérience antérieure a maintenant reçu une tout autre signification.
La maison que retrouve l’homme qui rentre au pays ne ressemble absolument pas à la maison qu’il a quitté ni à celle de son souvenir à laquelle il aspirait revenir lorsqu’il était loin. (…) celui qui rentre au pays n’est plus le même homme que celui qui en est parti. Il n’est plus le même, ni pour lui, ni pour ceux qui ont attendu son retour.
Au tout début ce n’est pas seulement le pays natal qui se dévoile
sous un jour inhabituel à l’homme qui revient chez lui. C’est cet
homme lui-même qui apparaît étrange à ceux qui l’attendent, et le
brouillard qui l’entoure lui donne cette allure inconnue. L’homme qui
rentre au pays et celui qui l’accueille auront tous deux besoin de
l’aide d’un Mentor pour “les instruire des choses”.
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Je profites de mon cours d’écriture journalistique et du rendu d’une critique sur 2012 pour vous en faire part !
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« En 2012 alors que le calendrier Maya prend fin, le monde entier doit faire face à de nombreuses catastrophes naturelles : tremblements de terre, éruptions volcaniques, typhons… 2012 raconte l’héroïque bataille d’un groupe de survivants à la suite de ce cataclysme planétaire. »
Synopsis officiel du dernier blockbuster américain de Roland Emmerich (Godzilla, Jour de l’Indépendance, Le Jour d’après) il résume en quelques mots le contenu du film : de gros effets spéciaux et un scénario photocopié dans lequel les impressions de déjà-vu, les clichés et le pathétique poussés à l’extrême se bousculent. On ne pouvait certes peut-être pas en attendre plus après l’échec cuisant de son dernier film 10 000 film préhistorique à gros budget au scénario fossilisé …
Cette version moderne de l’arche de Noé est noyée sous des personnages stéréotypés se débattant péniblement au milieu d’actions prévisibles et toutes plus aberrantes d’incrédibilité ou d’ennui les unes que les autres. La famille déchirée que l’adversité va rassembler, l’ex-femme encore amoureuse (Amanda Peet), le père de famille raté qui s’avère être un super héros (John Cusack), le scientifique au grand coeur (Chiwetel Ejiofor), le président se dévouant à son pays jusqu’à la fin (Dany Glover), le riche Russe détestable, jusqu’au petit chien que l’on sauvera parce qu’il le faut, tout y est et tout y passe. L’inévitable patriotisme submerge ce film catastrophe et la solidarité mondiale finale nous arrache plus facilement une larme de rire que d’émotion ; tout comme les quelques clins d’oeil ironiques et les coïncidences énormes arrivent parfois à nous faire penser que c’est une parodie.
Une deuxième collaboration entre Roland Emmerich et le scénariste producteur Harald Kloser (Le Jour d’Après) qui reste donc dans la lignée de la précédente : un divertissement aux effets spéciaux à couper le souffle ; raz de marée, tremblements de terre, effondrement d’immeubles, mais cependant pas assez nombreux pour redonner vie aux dialogues et au jeu éteints des acteurs.
La risible phrase de fin de ces deux heures trente « Les couches j’en veux plus » achève de nous convaincre que le film sera loin de laisser un souvenir impérissable dans nos mémoires et nous ferait presque regretter d’avoir participé aux 225 millions de dollars de recette que le film a engrangé en à peine deux jours.
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Bon, à la suite d’un transfert de base que j’ai fait hier soir, tous les utilisateurs enregistrés sur le blog ont disparus. J’ai sauvé les articles quand même, hourra !
Fait que si vous essayez de vous connecter, ça ne va pas marcher. Il faut vous réinscrire pour que je vous redonne les accès par la suite.
Je m’excuse des soucis là, mais bon, au moins je sais que si des gens se réinscrivent c’est qu’il y a encore du monde qui vient ici et qui me lit, parfois un peu.
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Posted by: Fab in Lecture
C’est ma femme qui fit toute la différence [...] Si elle avait un instant laissé entendre que je perdais mon temps, [...] je crois que j’aurais perdu une bonne partie du cœur que je mettais à l’ouvrage. Mais elle n’a jamais manifesté le moindre doute. Son soutien a été constant, est resté l’une des rares bonnes choses sur lesquelles je pouvais toujours compter. Et, chaque fois que je vois un premier roman dédié à une épouse (ou un mari), je souris et je pense : Il y a une personne qui sait. Écrire est un boulot solitaire. Avoir quelqu’un qui crois en vous fait une sacrée différence. Ce quelqu’un n’a pas besoin de faire de discours. Qu’il croie en vous est en général suffisant.
Ce que j’ai découvert de plus important, c’est que la perception qu’a l’auteur de ses personnages, au départ, peut être aussi erronée que celle du lecteur; et, presque aussi important, j’ai compris que le fait d’arrêter la rédaction d’un texte simplement parce que c’est difficile, sur le plan affectif ou sur celui de l’imagination, est une mauvaise idée. Il faut parfois continuer même quand on en a pas envie, et il arrive qu’on fasse du bon boulot alors qu’on a l’impression d’être là, à pelleter bêtement de la merde, le cul sur une chaise.
Et pour commencer : mettez votre bureau dans un coin et, chaque fois que vous vous y installerez pour travailler, rappelez vous pour quelle raison il n’est pas au milieu de la pièce. La vie n’est pas un système logistique destiné à soutenir l’art. C’est le contraire.
[...] on trouve l’idée préconçue que l’écrivain contrôlerait sa production, alors que c’est le contraire.
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Posted by: Fab in Lecture
On a parfois l’impression d’être en train de déambuler sans but dans une ville. On se promène dans une rue, on tourne au hasard dans une autre, on s’arrête pour admirer la corniche d’un immeuble, on se penche pour inspecter sur le trottoir une tache de goudron qui fait penser à certains tableaux que l’on a admirés, on regarde le visage des gens que l’on croise en essayant d’imaginer les vies qu’ils trimbalent en eux, on va déjeuner dans un petit restaurant pas cher, on ressort, on continue vers le fleuve pour regarder passer les grands bateaux, ou les gros navires à quai dans le port, on chantonne peut-être en marchant, ou on sifflote, ou on cherche à se souvenir d’une chose oubliée. On a parfois l’impression, à se balader ainsi dans la ville, de n’aller nulle part, de ne chercher qu’à passer le temps, et que seule la fatigue nous dira où et quand nous arrêter. Mais de même qu’un pas entraîne immanquablement le pas suivant, une pensée est la conséquence inévitable de la précédente et dans le cas cas où une pensée en engendrerait plus d’un autre (disons deux ou trois, équivalentes quant à toutes leurs implications), il sera non seulement nécessaire de suivre la première jusqu’à sa conclusion mais aussi de revenir sur ses pas jusqu’à son point d’origine, de manière à reprendre la deuxième de bout en bout, puis la troisième, et ainsi de suite, et si on devait essayer de se figurer mentalement l’image de ce processus on verrait apparaître un réseau de sentiers, telle la représentation de l’appareil circulatoire humain, ou telle une carte, de sorte qu’en réalité ce qu’on fait quand on marche dans une ville, c’est penser, et on pense de telle façon que nos réflexions composent un parcours, parcours qui n’est ni plus ni moins que les pas accomplis, si bien qu’à la fin on pourrait sans risque affirmer avoir voyagé et, même si l’on ne quitte pas sa chambre, il s’agit bien d’un voyage, on pourrait sans risque affirmer avoir été quelque part, même si on ne sait pas où.
Durant ces trois jours à Amsterdam, il a passé son temps à se perdre. [...] Coupé de tout ce qui lui était familier, incapable d’apercevoir le moindre point de référence, il voyait ces pas qui ne le menaient nulle part le mener en lui-même. C’est en lui-même qu’il errait, qu’il se perdait. Loin de l’inquiéter, cette absence de repère devenait une source de bonheur, d’exaltation.
La mémoire comme un lieu, un bâtiment, une succession de colonnes, de corniches et de portiques. Le corps à l’intérieur de l’esprit, comme si là-dedans mous déambulions d’un lieu à un autre, et le bruit de nos pas tandis que nous déambulons d’un lieu à un autre.
La mémoire : espace dans lequel un événement se produit pour la seconde fois.
On ne peut pas écrire un seul mot sans l’avoir d’abord vu, et avant de trouver le chemin de la page, un mot doit avoir fait partie du corps, présence physique avec laquelle on vit de la même façon qu’on vit avec son coeur, son estomac et son cerveau. La mémoire, donc, non tant comme le passé contenu en nous, mais comme la preuve de notre vie dans le présent. Pour qu’un homme soit rééllement présent au milieu de son entourage, il faut qu’il ne pense pas à lui-même mais à ce qu’il voit. Pour être là, il faut qu’il s’oublie. Et de cet oubli naît le pouvoir de la mémoire. C’est une façon de vivre son existence sans jamais rien en perdre. [...] La mémoire, donc, non tant comme la résurrection d’un passé personnel, que comme une immersion dans celui des autres, c’est à dire l’histoire – dont nous sommes à la fois acteurs et témoins, dont nous faisons partie sans en être.
L’acte d’écrire comme un acte de mémoire.
Il est impossible, je m’en rends compte, de pénétrer la solitude d’autrui. Si nous arrivons jamais, si peu que ce soit, à connaitre un de nos semblables, c’est seulement dans la mesure où il est disposé à se laisser découvrir. Quelqu’un dit : J’ai froid. Ou bien il ne dit rien mais nous le voyons frissonner. De toute façon, nous savons qu’il a froid. Mais que penser de celui qui ne dit rien et ne frissonne pas ? Là où tout est neutre, hermétique, évasif, on peut qu’observer. Mais en tirer des conclusions, c’est une toute autre question.
Tout livre est l’image d’une solitude. C’est un objet tangible, qu’on peut ramasser, déposer, ouvrir et fermer, et les mots qui le composent représentent plusieurs mois, sinon plusieurs années de la solitude d’un homme, de sorte qu’à chaque mot lu dans un livre on peut se dire confronté à une particule de cette solitude. Un homme écrit assis seul dans une chambre. Que le livre parle de solitude ou de camaraderie, il est nécessairement un produit de la solitude.
Paul Aster
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Posted by: Fab in Musique
A la première écoute j’ai pas du tout accroché sur l’album. Il a fallu qu’il passe dans mon Ipod à un moment plus propice pour que je l’apprécie en fait. Ça m’avait fait pareil avec BH&R, l’appréciation avait prit du temps.
Je vais pas faire une review détaillée parce que j’ai pas une culture musicale assez développée mais je vais juste donner mes petites impressions !
Uprising : Of course que je la kiffe celle là même si je vois le générique de Dr Who à chaque fois que j’entends le début. Elle a le mérite de me faire sautiller, taper du pied et elle me fait penser à Knights Of Cydonia dans les paroles du refrain donc forcément je l’aime !
Resistance : Le piano du début avec la montée du rythme et la batterie qui se rajoute derrière avant que Matt se mette à chanter :eyeslove:
J’aime beaucoup l’évolution et la “structure” de la chanson : moment calme avec juste la batterie et la voix de Matt, les chœurs à la Queen (même si ça m’a surprise la première fois) et ensuite le refrain plus bourrin avec la guitare électrique pour ensuite exploser et se calmer à la fin. Même les sons finaux ne sont pas des plus agréables à mes oreilles.
Undisclosed Desire : Je l’aimais pas au début et finalement c’est l’une de mes préférées. Le petit truc qu’on entend au debut et qui se répète me plait beaucoup, même si je siuis certaine de l’avoir entendu . Tout passe dans la voix de Matthew et les choeurs derrière et dans l’espèce de claquement de doigts qu’on entend (J’ai toujours tendance à claquer des doigts quand je l’écoute)
USoE : Bon… alors celle là c’est la chanson que je peux aimer parfois et qui des fois me sort pas les yeux. En fait je trouve toujours le début mou et lent à mourir puis quand ça commence à partir et qu’on entend les violons (c’est des violons?) je commence à triper sur la musique et à sauter partout ^^ Mais contrairement à certainEs : quand ils gueulent SIA SIA SIA, j’aime pas spécialement 
Et le piano à la fin passe plus ou moins bien selon l’humeur, mais généralement je l’apprécie, surtout que mon attention est plus attirée par les sons arrière, des enfants qui jouent je crois au début puis une radio et un avion à la fin, et que ça éveille mon imaginaire et me tiens accrochée à la chanson.
Guiding Light : Le rythme de la batterie, la guitare électrique et la voix de Mattew me rappelle une autre chanson que j’arrive pas à identifier genre musique de la BO de Top Gun ^^
Celle là aussi est à ranger dans “Ça dépend des jours” parce qu’elle est molle et que je suis pas spécialement fan des chansons molle de Muse. C’est peut être celle que j’aime le moins de l’album.
Unnatural Selection : Evidemment je commence à kiffer quand elle prend du rythme. Elle me rappelle un peu New Born ou The Small Print, et je la trouve très style Muse en fait celle là. Oh mon dieu, ils ont imités Muse !
Je l’aime bien mais je la trouve un peu longuette peut être. Heureusement qu’elle se réveille à la fin !
MK Ultra : Pas grand chose à dire sur celle là. J’ai aussi un avis partagé mais je l’écoute avec plaisir. Pour une fois je supporte Matt qui crie ou chante très fort et elle me rappelle aussi Hysteria par moment, notamment a la fin du coup je kiffe
I Belong to You : J’aime énormément le début de la chanson, le piano, la batterie et le rythme général avec la voix de Matt par dessus. Je trippe pas mal dessus en fait 
Le passage un peu vieillot en Français je pourrais sûrement m’en passer. Le fait qu’il parle en Français me dérange pas mais quand j’entends ce bout de la chanson j’imagine Matthew les cheveux gominés sur une scène dans les années 40. Mais je m’y suis habituée et la reprise du rythme initial à la fin me réconcilie toujours avec la chanson ^^
Exogenesis : Je ne l’ai pas écouté assez pour pouvoir donner mon avis, mais je me rappelle l’avoir écouté en faisant mon sport et avoir été étonnée d’apprécier parce que les symphonie de Muse je les écoute rarement jusqu’au bout…
J’aime beaucoup l’album finalement et comme je l’ai souvent répété au dessus, c’est une surprise ! Ce que je retiendrai principalement je crois c’est le rythme et les sons un peu bizarres qu’ils ont placés dans leurs chansons mais qui leur donne une couleur inattendue et sympa.
Comme beaucoup l’ont dit, dans pas mal de chansons on retrouve des influences d’autres groupes, oui mais je trouve qu’ils ont réussis à faire ça bien et à en faire quand même quelque chose de nouveau et différent et pas simplement un pauvre plagiat.
Je ne pense pas non plus que Muse se soit perdu en route, je me demande si un groupe peut se perdre en route de toute façon, on reconnait bien la couleur du groupe dans certaines chansons et j’aime beaucoup l’évolution et la richesse de ce nouvel album même si j’étais sceptique au début.
Je me dis au contraire que ça prouve l’intelligence musicale du groupe. Il n’est pas bloqué dans un style répétitif et dont toute les chansons sonnent pareil.
Voilà, j’aime vraiment beaucoup beaucoup, je me passe l’album en boucle en ce moment et je suis donc dégoutée de ne pas pouvoir les voir en concert… :’(
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Après qu’une prof nous ai parlé de ce film lors d’un cours, je me suis décidée à le regarder, ayant été convaincue qu’il pouvait être enrichissant. (Il m’en faut peu de toute façon.)
Il relate quelques années de la vie de Sylvia Plath, une poétesse Américaine. Le film commence en 1956 et se termine en 1963 et a pour trame principale le mariage et la relation de Sylvia Plath avec Ted Hugues un poète anglais.
Le thème du film est donné dès le début par la voix off de Gwyneth Paltrow qui interprète Sylvia :
Sometimes I dream of a tree, and the tree is my life.
One branch is the man I shall marry, and the leaves my children.
Another branch is my future as a writer and each leaf is a poem.
Another branch is a glittering academic career.
But as I sit there trying to choose,
the leaves begin to turn brown and blow away
until the tree is absolutely bare.
Comment choisir quelle voie prendre et est-ce que toutes peuvent être conciliées?
Au travers de 7 années de la vie de Sylvia Plath on découvre non seulement ce qu’elle a vécu et son œuvre mais aussi la personnalité de la poétesse, qui était apparemment quelqu’un d’assez torturé…
Sometimes I feel like I’m not… solid. I’m hollow. There’s nothing behind my eyes. I’m a negative of a person. It’s as if I never – -I never thought anything. I never wrote anything. I never felt anything.
Dying is an art, like everything else. I do it exceptionally well. I do it so it feels like hell. I do it so it feels real. I guess you could say I’ve a call.
J’ai beaucoup aimé le film, même si, n’ayant pas les sous titres à disposition, il m’a été parfois dur, voir impossible de comprendre certains passage de poésie en vieil anglais et que le fond est assez sombre. Je ne vais pas en dire plus ou trop pour éviter de spoiler ceux qui voudraient le voir mais je dirai juste que c’est un film qui m’a perturbé. Même si je n’ai pas vraiment de points communs avec Sylvia Plath, certains passages ont fait mouche chez moi…
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Ce livre était dans la plupart des listes de lectures conseillées de mes cours. Je n’avais jamais lu quoi que ce soit de Marguerite Duras et mis à part son nom, je me sais rien d’elle ou de ses œuvres. J’ai lu beaucoup d’auteur différents mais jamais l’intégralité des œuvres d’un auteur. J’aime lire de tout, sans me cantonner à un genre, un style, un auteur favori. Me convaincre de lire un livre est assez facile, et je dois dire que vu comment mes chargés de cours parlaient de celui-là, il ne fallut pas longtemps pour qu’il atterrisse sur ma liste “A lire”.
J’ai commencé à ma plonger dedans ce soir, le lisant d’abord à voix haute pour centrer mon attention, puis silencieusement, comme ne pouvant plus parler, rendue muette par le flot de sentiments que ses mots, ses phrases, ses pages entières parfois déclenchaient chez moi. J’en ai été moi-même surprise au départ, puis avec le recul je pense que mon état euphorique du moment, mon côté créateur stimulé par mes cours, mon environnement y ont été pour beaucoup dans le fait que j’ai “ressenti” le livre.
Je l’ai lu d’une traite. Je ne sais pas s’il aurait été possible de m’arrêter avant de toute façon. J’en ressors l’esprit chamboulé, remplit de questions, de doutes, de certitudes, d’envie, d’ambitions, de peurs et de contradiction. J’en ressors moi accompagné de tous mes autres “moi” éveillés. J’en ressors courbaturée aussi d’avoir si souvent éprouvé certains passages, été touchée par eux (jusqu’à en avoir les larmes aux yeux et/ou le sourire aux lèvres parfois), car ils exprimaient mieux que je ne pourrais jamais le faire ce qui m’habite parfois et que j’ai souvent qualifié d’ineffable. Que cela soit pendant lecture ou en dehors.
Je ne ferai que citer quelques passage de son texte, ce sera plus éloquent que tous paragraphe creux et vide de ma part.
Mon édition du livre est désormais criblée de post-its et de petites coches au crayon. Je ne regrette pas que ce livre ait croisé mon regard en tous les cas. Il fait parti de ceux qui, en plus d’avoir été lu par mon esprit, l’ont marqué.
La solitude de l’écriture c’est une solitude sans quoi l’écrit ne se produit pas, ou il s’émiette exsangue de chercher quoi écrire encore.
Écrire, c’était ça la seule chose qui peuplait ma vie et qui l’enchantait. Je l’ai fait. L’écriture ne m’a jamais quittée.
La solitude elle se fait seule. Je l’ai faite. Parce que j’ai décidé que c’était là que je devrais être seule, que je serais seule pour écrire des livres. Ca s’est passé ainsi.J’ai été seule dans cette maison. Je m’y suis enfermée – j’avais peur aussi bien sûr. Et puis je l’ai aimée. Cette maison, elle est devenue celle de l’écriture. Mes livres sortent de cette maison. De cette lumière aussi, du parc. De cette lumière réverbérée de l’étang. Il m’a fallu vingt ans pour écrire ça que je viens de dire là.
Je peux dire ce que je veux, je ne trouverai jamais pourquoi l’on écrit et comment on n’écrit pas.
C’est curieux un écrivain. C’est une contradiction et aussi un non-sens. Écrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit. C’est reposant un écrivain, souvent, ça écoute beaucoup. Ça ne parle pas beaucoup parce que c’est impossible de parler à quelqu’un d’un livre qu’on a écrit et surtout d’un livre qu’on est en train d’écrire. C’est impossible. C’est à l’opposé du cinéma, à l’opposé du théâtre, et autres spectacles. C’est à l’opposé de toutes les lectures. C’est le plus difficile de tout. C’est le pire. Parce qu’un livre c’est l’inconnu, c’est la nuit, c’est clos, c’est ça. C’est le livre qui avance, qui grandit, qui avance dans les directions qu’on croyait avoir explorées, qui avance vers sa propre destinée et celle de son auteur, alors anéanti par sa publication : sa séparation d’avec lui, le livre rêvé, comme l’enfant dernier-né, toujours le plus aimé.
Écrire.
Je ne peux pas.
Personne ne peut.
Il faut le dire, on ne peut pas.
Et on écrit.
C’est l’inconnu qu’on porte en soi écrire, c’est ça qui est atteint. C’est ça ou rien.
On peut parler d’une maladie de l’écrit.
Ce n’est pas simple ce que j’essaie de dire là, mais je crois qu’on peut s’y retrouver,
camarades de tous les pays.
Il y a une folie d’écrire qui est en soi-même, une folie d’écrire furieuse mais ce n’est pas
pour cela qu’on est dans la folie. Au contraire.
L’écriture c’est l’inconnu. Avant d’écrire, on ne sait rien de ce qu’on va écrire. Et en
toute lucidité.
C’est l’inconnu de soi, de sa tête, de son corps. Ce n’est même pas une réflexion, écrire, c’est une sorte de faculté qu’on a à côté de sa personne, parallèlement à elle-même, d’une autre personne qui apparaît et qui avance, invisible,douée de pensée, de colère, et qui quelquefois, de son propre fait, est en danger d’en perdre la vie.
Si on savait quelque chose de ce qu’on va écrire, avant de le faire, avant d’écrire, on
n’écrirait jamais. Ce ne serait pas la peine.
Écrire, c’est tenter de savoir ce qu’on écrirait si on écrivait — on ne le sait qu’après —
avant, c’est la question la plus dangereuse que l’on puisse se poser. Mais c’est la plus
courante aussi.
L’écrit ça arrive comme le vent, c’est nu, c’est de l’encre, c’est l’écrit et ça passe comme
rien d’autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie.
C’est étrange, mais de relire ces extraits là, posés hors texte les uns à côté des autres et sans cohérence me donne l’impression de les dénaturer.
J’ai la sensation qu’ils avaient plus de sens, de force lorsqu’ils étaient enfouis dans le “tout” qu’est le livre, lorsqu’ils concluaient un paragraphe ou le complétait.
Peut-être est un livre à lire, plutôt qu’à parcourir au travers d’extraits…
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